Anges, Démons & Sorcellerie


 

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 Toujours les mêmes [pv Dodo]

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Dorinne

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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Sam 16 Avr - 14:56

C'est vrai que vu sous cet angle... On est plutôt nombreux à ne pas apprécier l'autorité des anges et des démons. Moi la première, j'ai organisé la mort du précédent tyran à plume.
Je note que Jian n'emploie pas de "nous" insipides. Les Hunters restent libres malgré la présence de cet objectif commun entre les pirates et les chasseurs. C'est une bonne nouvelle.

J'y ai déjà réfléchit ; à ce que serait l'Univers si les pirates faisaient couler anges et démons. Il ne resterait que les humains... Et les sorcier-dragons. La prochaine cible serait certainement les dragons, alors nous aurions le choix, vivre reclu dans notre dimension ou nous battre. Les dragons ont dominé l'Univers pendant tellement de millénaires auparavant qu'aucun d'entre eux ne tolèrera d'être parqué dans un petit bourg au profit d'un nouveau grand patron...

-Les sorcier-dragons n'appartiennent à aucun camp. Et s'il advient que nous devions en rejoindre un, je choisirai celui qui m'évitera de voir Dimension rouge disparaitre prématurément.


Je crois bien que ma mentalité est différente de celle des autres "chefs". Je ne suis l'ennemi de personne et l'ennemi de tout le monde. Tout est une question de point de vue, car à dimension rouge tout le monde a le droit de venir y vivre. Nous ne refuserons personne sous prétexte qu'il a quelques plumes dans le nez ou quelques griffes en collier. Je veux bâtir un empire stable et tolérant autant que je le pourrai. Les dragons sont certes une caractéristiques première de ceux qui viennent dans ma dimension, mais même ceux qui n'ont nulle part où aller sont les bienvenus. C'est ce que j'ai demandé quand ils m'ont fait posé un pied dans le palais. Les dragons ont promis de servir ma naïveté.

-Je n'aime pas ces pirates. Ils changent d'avis comme de chemise, ils s'abreuvent de tout ce qui peut les enivrer et ils s'en vont. Pour revenir avec d'autres lubies. Mon but est de protéger mon peuple, rien de plus, rien de moins.


Mais.
Mais il faut se rendre à l'évidence qu'en dehors de la dimension rouge c'est la loi du plus fort qui prime. L'univers était équilibré, à peu près autant de victoires que d'échecs pour les deux camps. Et voilà que les dragons s'en vont couver leur petit monde.

-Imaginons un instant qu'ils arrivent à mettre à mal l'Enfer et le Paradis. Qu'est-ce que cela changera ? On dira au revoir à deux royaumes qui se tirent dans les pattes et nous foutent la paix -à peu de chose près- en se tapant dessus, pour deux rigolos dont on ne sait même pas d'où ils sortent ?

Se partager l'Univers n'est pas dans l'équation. Le pouvoir étant une richesse universelle, il n'y a qu'à celui qui en détiendra le plus. Et c'est gonflant...

-Pas sûr qu'on soit gagnants à la fin. Mais pour le moment, s'ils me demandent de l'aide je leur apporte, en échange, les anges et les démons ont mieux à faire que de venir massacrer les dragons et leurs dragonniers.

Ce qui signifie que Jian et moi sommes dans la même situation. Enfin, presque. Ce presque étant très important.

-Si j'avais une autre alternative, je n'en dormirai que mieux.

Est-ce qu'il s'est posé la question ? Celle d'après ?
Avec les hunters et les dragons dans la poche nos amis pirates auront bien assez de forces vives pour conquérir le paradis et les enfers. Certes ce ne serait pas une tâche facile et mieux vaut s'assurer que les deux royaumes continuent de se haïr profondément, mais s'ils venaient à disparaitre des hautes sphères du pouvoir : à quoi serviraient les hunters ?
Mais c'est comme vouloir rester malade pour continuer de prendre le médicament.



* * *


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Jian

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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Sam 16 Avr - 20:20

Ca avait le mérite d’être clair et net.
Deux phrases pour faire passer son message, c’était pas mal. Ils ne prendraient pas partis, sauf si c’était nécessaire, donc si leurs intérêts étaient en jeu. Et ils prendraient partis que pour rallier le camp qui préservera le mieux lesdits intérêts. Stratégie conservatrice, égoïste mais assez efficace en soi. L’ennui c’était que c’était aussi un extrêmement bon moyen pour se faire irrémédiablement des ennemis. Les gens appréciaient rarement qu’on dédaigne leur partie pour l’unique raison que le voisin permettait, lui, de sauver sa peau…

Bon elle n’allait pas se faire des amis par centaine dans les autres camps, c’était certain. Par contre elle serait considéré comme quelqu’un prenant des décisions pour le bien des siens et de sa Dimension.
Après… Il baissa les yeux, chercha chaque détail du ruban de bitume s’étendant à côté d’eux. Ca témoignait d’une certaine droiture, d’un esprit patriote. Ou d’une lâcheté sans égale… Choisir de ne pas s’en mêler sauf sous contrainte, de ne rejoindre que le camp le plus propice à ses intérêts… Ca s’appelait dans les deux cas choisir la facilité. Sûr que c’était plus simple que de choisir son allié pour ses idées, voir de ne s’allier à personne, de juste… Rester son propre camp.

Mais il ne lui donnerait pas de leçon de politique. Elle ne lui en avait pas demandé, et il n’était pas professeur. Il n’était pas non plus juge, ce qu’il pensait n’était pas une loi universelle. Elle était impératrice, personne n’avait à lui donner de quelconques conseils autrement qu’à sa demande. Or a priori, elle n’avait pas demandé.

La sorcière en revint aux deux pirates, le regard vert du chasseur revint à elle.
Qu’est-ce que Swan avait dit à leur sujet ?
A ne vivre que pour eux, ils finiront par en crever.
C’était ça, leur problème. Quelque soit cette espèce rare de liberté qu’ils avaient apprivoisée, elle aurait leur peau. Sans rien dire, il croisa les bras. Ca il l’avait compris, et c’était… Quelque part c’était admirable. Protéger son peuple… Avant elle, des généraux, des rois et des empereurs n’avaient pensé qu’à la fierté de leurs peuples, qu’à ce qui se dirait d’eux dans des siècles. Plus personne ne se souvenait d’eux… Et leurs peuples n’en étaient pas plus ou moins fier.
La fierté, l’honneur, la famille… Les valeurs faisaient les guerres mais ne sauvaient personne.

Imaginons un instant ? D’accord, imaginons. Un vague sourire étira ses lèvres, vague et triste. Sans l’Enfer et le Paradis, il y avait toutes les chances de l’Univers pour que ces deux rigolos s’en prennent aux sorciers et aux sorciers dragons. Quant à lui, une grande partie de ses chasseurs seraient au chômage. Certains s’en iraient, d’autres se recycleraient en chasseur de sorciers, et d’autres encore chercheraient à abattre les derniers anges et démons existants, les déchus.
Cela ne changerait pas grand-chose.
Et puis ça n’était qu’un rêve. Le Paradis et l’Enfer existeraient toujours, certes avec des hauts et des bas, mais toujours ils se relèveraient. Il s’était fait à cette idée là aussi, après tout c’était son job. Y croire, qu’un jour ils n’auraient plus à chasser, tout en sachant que ça n’arriverait jamais.

Mais dans le cas où il imaginerait… Il y aurait toujours des anges et des démons à chasser.

«
Après le Paradis et l’Enfer, tu ne crains pas qu’ils s’en prennent à ta Dimension ? »

Parce que cette entente, c’était aussi un moyen pour eux de garder un pied en Dimension Rouge. Mais Kaizen avait dû y penser, et servir à Dorinne son numéro de paranoïa… D’un geste vague de la main, il écarta sa question. L’air de dire que non, ça ne le regardait après tout pas. Qu’il n’avait pas à s’en mêler, qu’elle avait assez de conseillers comme ça.
Un plan B…

«
Une autre alternative impliquerait de prendre des risques. »

Celui de perdre. De devoir dire un fois de plus « adieu » à la Dimension Rouge.
Le chasseur se décolla de sa voiture, avança de quelques pas pour se retourner vers elle. Dur, tendu. Frustré de ne pas pourvoir prendre ces risques, de même qu’elle, elle ne pouvait pas mettre en danger sa dimension.
Parler ouvertement ? Pour une fois ?

«
Des risques que ni toi ni… Moi, ne pouvons prendre. »

A nouveau il détourna le regard, furieux d’admettre une chose pareille. Il avait pourtant l’habitude de prendre des risques, mais celui-là… Non. Il y avait trop gros à perdre. Et sur le coup, il se prit à détester ces deux gars, autant qu’il les détestait.
Il s’accorda une minute de réflexion, avant de revenir vers sa voiture pour se laisser tomber sur le coffre, à côté de Dorinne. Et…

«
Et si j’en avais une d’alternative ? »



* * *




Dernière édition par Jian le Mar 19 Avr - 17:57, édité 1 fois
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Dorinne

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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Dim 17 Avr - 18:36

Tiens, contente de voir que mes déductions sont passées par la tête de quelqu'un d'autre, ça me redonne confiance en ma décision.
Jian et la mise en scène. Se rend-t-il compte qu'il a tendance à théâtraliser son comportement. Cette façon de bouger, d'observer, on se croirait sous l'oeil d'un dramaturge. C'est déstabilisant. Enfin, Jian n'a pas besoin de lever le petit doigt pour que je sois perturbée, je dois sûrement me monter des films, c'est dans ma nature.

-J'y ai pensé, mais un camp ou un autre...

Personne ne comprendra une alliance avec les pirates. Personne ne comprendrait une alliance avec qui que ce soit, car jusqu'à maintenant, les sorcier-dragons étaient de la chair fraiche pour n'importe quel mercenaire. Quand aux autres, à ces déchus et expatriés qui ont choisi de faire leurs valises pour venir vivre dans le monde renaissant, eux ne sauraient accepter une alliance avec n'importe qui.
Aucun patriotisme. Le but est de protéger ma dimension. Point barre. Et si nous devons nous battre pour protéger notre droit d'exister différemment des autres, nous le ferons. Depuis le début c'est comme ça que ça fonctionne dans cet Univers.

Je me tais. Il n'a pas fini. Ni moi. Ni toi ?

-Je suis toute ouïe.

Et tout yeux parce que le regarder c'est comme regarder un bon film, on ne s'en lasse pas. Tout comme Nathan, ils ont une manière de bouger propre. Leur réflexion qui passe par ce visage fermé et imprenable.
Quoique Nate a tendance à être plus... frivole. Jian est une discipline faite homme. Sauf quand on le pousse à bout, là c'est un danger public. Et le pousser à bout je crois bien que je suis douée pour ça, mais je me garde évidemment de lui faire toutes ces remarques, il pourrait me tuer pour moins que ça.

Je ne souris pas. Je me sens sérieuse tout d'un coup. Parce que Dorinne vient de retourner dans ses branles et l'impératrice s'est réveillée. Kaizen avait raison, je n'ai rien à faire hors de ma dimension, pourtant... Pourtant je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse avoir tant besoin de moi aujourd'hui. Ne pouvaient-ils pas faire vivre cette dimension sans moi ? Je croyais qu'il me suffisait de la ramener et de me faire oublier, mais non, je devais continuer de créer ma légende. Même si je n'ai rien d'une héroïne.
Je suis née avec un destin extraordinaire. Ou un malédiction d'enfer. L'un ou l'autre c'est pareil : vivement la fin.




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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Mar 19 Avr - 19:56

Donc, elle n’avait pas mis cette option à l’écart. Que cette entente ne soit que temporaire, qu’un jour les pirates se retournent contre elle. Elle y avait pensé. Mais… Mais il y avait toujours un « mais ». Sans quoi c’aurait été beaucoup trop simple tiens. Et ce « mais » qu’elle avançait était des plus valables. Dans cet Univers où un rien suffisait à faire basculer un équilibre fragile comme celui de la Dimension Rouge… Où les adversaires étaient un royaume d’anges, un royaume de démons, l’un et l’autre vieux comme le monde, stables et organisés depuis longtemps… Où les personnes les moins agressives à notre égard étaient encore une bande de chasseurs hyper entrainés, dopés à l’adrénaline, avec à leur tête un général tenant plus de la machine que de l’humain.
Un camp ou un autre… Comme s’il y avait eu une possibilité de choisir.
Demeurer dans son camp à elle, ou intégrer celui des pirates. Risquer beaucoup ou risquer tout autant… Contre les anges, les démons, voire les hunters, les sorciers dragons n’auraient aucune chance. Rejoindre les pirates, c’était une lueur d’espoir dans ce calme sinistre qui semblait avoir saisi l’Univers.

Il avait eu une conversation sur le sujet avec Swan. Réunir les chasseurs sous la même bannière, c’était multiplier par trois les risques. Anges, démons, sorciers… Et son second le lui avait dit. Le jour où ça exploserait, les hunters auraient du mal à s’en sortir seuls. S’allier aux pirates…
Ils avaient été stupides. Les sorciers dragons, et lui…
Swan le lui avait dit et répété.
Si les uns comme les autres avaient commencé par mettre un peu leurs foutus ego de côté, personne n’aurait eu à céder devant Yuan et Nathyss. Il n’avait rien répondu à son ami. Il ne l’avait pas contredit. Même si lui, il aurait malgré tout cédé. Il était comme les autres chasseurs, accro à l’adrénaline, accro aux challenges. Et ces deux types avait quelque chose d’irrésistible, une mentalité qui l’éblouissait sans qu’il ne puisse pour autant regarder ailleurs.

Et Dorinne…
Toute ouïe.
Les mains posées contre la carrosserie de sa voiture, il tourna la tête vers elle, l’observa silencieusement.
Une alternative, il y songeait depuis qu’il avait rencontré Yuan et Nathyss. Mais y songer et trouver, c’était là deux choses bien distinctes. Et puis ce dernier mois, une inconnue s’était rajoutée au problème. Yannick…
Le jeune général se prit à sourire, à laisser échapper un léger rire.

«
Je crains de ne pas en avoir dans l’immédiat. »

Pas d’alternative, pas de plan B, rien.
C’était ridicule. Il avait même du mal à y croire.
Il avait songé à relâcher Natan, seulement ce dernier tenait du danger publique, pour tout le monde. Il ne pouvait même pas être sûr que l’archange serait réellement utile contre ces pirates.
Toutes les autres combines qu’il avait imaginé avaient compris certains risques qu’il ne pouvait plus se permettre de prendre. A cause de l’ampleur du groupe qu’il avait à charge, dispersé aux quatre coins de l’Univers… Et puis aussi, ce môme… Dont il avait pu ignorer l’existence un bon bout de temps, sauf qu’il avait fallu qu’il le croise, qu’il croise son regard… Difficile de nier que ce gosse était de lui.

Lentement, il plia et déplia les doigts de sa main droite, la trouva légèrement engourdie. Le sang ne coulait plus, en tout cas il n’en avait plus l’air. Son regard vert revint sur la sorcière. Sourire et rire repartis au loin : il ne se laissait pas démonter pour autant, hors de question.

«
Peut-être qu’un Natan libre nous aiderait. »

Il n’ajouta pas « et un Yannick en sécurité… » parce que où que soit le p’tit mec, il ne le sentirait pas en sécurité autrement qu’en étant avec lui. Paranoïaque… Lui, parano pour un gosse… C’était dingue. Comme s’il ne l’était pas déjà assez pour lui-même. Doucement, il enroula les doigts de sa main valide sur son avant bras perforé. Bonne nouvelle ou non, il devait avoir trop mal pour encore le sentir.
Il se laissa tomber du coffre de sa voiture, fit face un moment au paysage.
S’il avait une idée, tout de suite, aujourd’hui, demain, dans quelques semaines ou quelques mois, il pouvait au moins être à peu près sûr qu’il pourrait en parler à Dorinne, qu’elle serait intéressée. Une alternative, ils étaient d’accord là-dessus : c’était ce qu’il leur manquait.

«
On cherche quelque part où boire un coup ? »

Sous-entendu : comme on y peut rien, encore mieux aller se rincer le gosier en parlant de tout et de rien, comme ils savaient si bien le faire. Elle raconterait des conneries et serait insupportable avec l’entourage, il ne se forcerait même pas à rire et viderait son paquet de cigarettes. Et pour peu qu’ils s’ennuient, ils iraient se défouler sur quelques voyous de passage. Ca les occuperait, bêtement d’accord, mais au moins personne ne viendrait les embêter pour ça.
Ceci non-dit, il sortit les clés de sa poche et les tendit à la demoiselle. Elle savait conduire une bécane non ? A peu près ? Elle saurait bien conduire une BMW défoncée. Au point où il en était… Il préférait encore s’éviter de se faire perforer par une broche en brutalisant son levier de vitesse.«




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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Ven 22 Avr - 13:58

C'est ce qu'on appelle une fausse, joie, non ? Je l'ai regardé, dans les yeux, à scruter le fond de ses pensées sans rien y comprendre. Est-ce qu'il me proposait une potentielle alliance si l'un de nous trouvait une solution pour éviter les pirates dans notre intérêt à tous les deux ? Non. Jian ne propose pas d'alliance, tout juste est-il assez conciliant avec les petits -moi entre-autre- pour leur accorder un regard ravageur.
Il a des yeux extraordinaires, j'y peux rien...
Mes pensées, elles, vadrouillent. Une alliance avec les hunters ? Pourquoi pas. J'en connais tout un tas qui grinceront des dents rien qu'au mot "alliance" alors c'est dire les crissements stridents qu'on entendra jusqu'aux montagnes du confins si j'ose ajouter "hunter" derrière. Les dragons sont vraiment pas drôles.

-Si t'as une idée...

Libérer Nate ? Je suis tout à fait d'accord sur le "peut-être" ! Je ne suis pas sûre qu'il m'aidera moi, pas sûre qu'il aidera Jian, pas sûre qu'il aidera quoique ce soit. Mais il devrait bien trouver un truc à faire qui saura faire plaisir à quelqu'un dans l'Univers !
Mais oui, libère-le, j'en serais ravie.
Pour moi. Pour le plaisir d'entendre Kaizen répéter des "tu t'entiches de n'importe quoi !" ou "tes fréquentations sont catastrophiques, j'ai fais des efforts pour les éviter mais tu n'en fais qu'à ta tête !" ou encore "je vais t'enfermer dans un cube, où tu ne nuiras à personne, même pas à moi". Oui Kaizen adore Nevada, autant qu'il adorait Gabriel ou Aliyon, ou Edward.
Ah mais Edward il l'aimait bien c'est ça le pire, jusqu'à ce qu'il se fasse tuer par Yukirei, de "bon parti, intelligent et patient" il est passé au rang de "mort pour rien, inutile jusqu'au bout". Kaizen a un sens très relatif du respect dû aux morts.

Je ne réponds pas. Il devine certainement le plaisir incommensurable qu'il me ferait s'il libérait Nevada. C'est peut-être le seul ami vivant qu'il me reste...

Une paire de clefs me pendent sous le nez. Je prends.
Ce sont les clefs de la voiture ? Vraiment ? C'est pas une blague, elles sont bien réelles ces clefs ? Elles fonctionnent vraiment sur cette voiture ?
Je savais Jian étrange voire totalement allumé (version personnelle de "névrosé") mais de là à ce qu'il me file ses clefs de voitures... Aux grands maux... J'en viens à apprécier sa blessure au bras.
J'étouffe un petit cri de victoire et m'installe derrière le volant.

La dernière fois que j'ai démarré une voiture, une vraie de vraie, c'était il y a six ans, avant la mort de mon père. Il avait tenu à m'apprendre à conduire une voiture... Depuis le jour où mes parents admirent qu'ils pouvaient me confier ma soeur quelques jours pendant qu'ils iraient randonner. Et en cas de pépin il était plus prudent que je sache tenir un volant.
La voiture prend vie quand mon pied effleure la pédale de vitesse... J'ai un sourire jusqu'au oreilles.

-Si tu picoles je conduis aussi au retour !

*Je vais planquer les clefs de voiture...*


Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice ! Heu... Dorinne, pardon.

Je suis prudente, la voiture est tellement énorme que j'ai du mal à voir devant moi. Evidemment j'ai pas réglé le siège et la ceinture oublions là, sur ma moto j'ai un bouclier c'est vachement plus pratique ! Et puis de toute façon nous n'allons pas loin ! Un endroit où picoler, une aire de repos, un bar, un petit village ou même une rave party fera l'affaire.
L'avantage de la dernière reste de passer inaperçu sans problème !

-T'es sûr que tu veux pas qu'on passe trouver un toubib avant ? Les démons s'attendent sûrement à ce qu'on aille à Alexandrine, mais on peut passer dans un petit bouiboui du coin et trouver de quoi te remettre le bras ...

J'arrête de parler. Une voiture en sens inverse sur l'autre morceau de la chaussée. La conductrice a reluqué la voiture en oubliant même qu'elle était au volant aussi. La carrosserie criblée de balles, ça doit faire un jolie spectacle !

-On cachera la voiture le temps d'aller se détendre, on est quelque part en Suisse, c'est pas le genre de pays où une voiture dans cet état passe inaperçu. Ou je peux nous envoyer au Mexique si tu préfères !

Je serre les dents. Autre voiture, une petite 106 blanche. Du genre voiture banalisée. Ils nous regardent aussi et passent leur chemin. Ouf. Fausse alerte.
L'habitacle du véhicule sent le fer, une âcre odeur de sang et de métal en mauvais état. Je passe les vitesses en regardant mes doigts, la route est pratiquement déserte. On passe les 90 à l'heure les doigts dans le nez et j'adore écouter ce joujou.
Changement de sujet.

-Je te voyais pas devenir père, tu sais. Tu m'as toujours semblé être très solitaire, même si Swan te tourne toujours autour.

En fait...

-Tu avais l'air triste, la première fois.

Et maintenant... Il semble énervé par la vie.
Petit sourire. Il ne bénéficiera pas de mon silence en me soudoyant avec une voiture trouée...



* * *


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Jian

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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 25 Avr - 9:40

Intérieurement, le hunter en revint à peser le pour et le contre au sujet de Nevada. Nevada ou Natan, peu importait c’était le même. India avait essayé de le convaincre de ne pas confondre le tueur avec l’homme qu’il était, que l’archange qu’ils avaient connu était toujours là, fidèle à lui-même.
Si c’était vraiment le cas ? Il n’en savait rien, par ailleurs il s’en fichait royalement. Ce qu’il savait c’était que Natan avait été très efficace pour tuer un sacré paquet de personnes, et que même s’il avait fait ça dans le cadre de son job, et pas par plaisir… Il avait un fond d’assassin, personne ne le persuaderait jamais du contraire. C’était un tueur, pire, un mercenaire. Un type marchant à l’argent, même avec de bonnes intentions, demeurait qu’un de corruptible. Autant il pourrait leur servir, autant à la moindre pièce s’échappant de la poche des pirates, il changerait de camp. Et il était hors de question de faire une réédition de leur combat. Surtout que cette fois, il ne ferait pas l’effort d’épargner son ami. S’il avait à nouveau le dessus, il l’achèverait sans se poser de questions. Fini le temps où il laissait encore à quelques risques une chance d’exister. Fini les dangers potentiels. Fini les élans de clémence. Pour peu qu’il en ait eu un jour. Libérer Nevada ? Seulement à condition qu’il garde un œil sur lui. Qu’il puisse savoir où se trouvait l’archange, qui il voyait. Une condition que le mercenaire n’accepterait jamais. Foutu mec, crétin comme pas deux. Fierté à la con…

Plan B. Agir à son insu. Jusque là, ça avait toujours marché. En attendant que cette tête de bûche se décide à ne plus considérer que ses propres intérêts… Il avait passé son enfance et ces deux dernières années à vivre au crochet des devils hunters, il leur devait même une santé flambant neuve, et il avait le culot de ne pas coopérer ? Pas même un peu ? Il était gonflé comme pas deux. Apparemment il tenait à se faire supplier… Mais non.
Ils joueraient au plus malin. Et là, Nevada avait intérêt à se prendre une bonne raclée.

Qu’il le veuille ou non, il allait leur faire plaisir de se rendre utile. Dans le cas contraire, il le foutrait au feu. Deux ans, c’était beaucoup trop de temps à se prendre la tête sur un type aussi salaud que lui.
Même s’il aurait mieux fait de se taire, parce qu’il ne valait pas mieux… Lui au moins, il servait une cause. Enfin à une certaine échelle quoi…

Au cri victorieux de Dorinne, le général se sentit l’âme d’un père tyran et despotique permettant à sa gosse de prendre le volant pour la première fois depuis cinquante ans. Sans un mot, il s’installa à la place du mort, songeant que pour une fois, elle ne porterait peut-être pas si mal son nom. Inutile de regretter son choix : il ne pouvait plus conduire, pas à une seule main, qui plus est la main gauche.
Il ne prit même pas la peine de surveiller la jeune femme au démarrage, pas plus que quand il sentit la voiture vibrer autour de lui. Si elle les envoyait dans le décors, il aurait le réconfort de mourir en sa compagnie. Il imaginait déjà les réactions de l’Univers. Le général des hunters et l’impératrice de la Dimension Rouge, morts très glorieusement en se prenant un sapin… Vive la jeunesse. Swan serait capable de venir insulter son cercueil et y mettre le feu pour se venger.
D’un geste un peu las, il attrapa sa ceinture de sécurité pour la bouclée, la rattrapant in extremis de la main gauche, quand la droite lui fit défaut. Cassé, plus rien à en faire, bonne pour la poubelle… Deuxième fois en un an qu’il se retrouvait avec ce bras en carafe, il osa espérer que ce serait la dernière… Cependant, comme disait Swan, c’était pas en continuant à solliciter abusivement son bras que ça allait se réparer. Deux os cassés, et il n’avait pas arrêté, pas fait un break, pas même d’une semaine. A foncer dans le tas comme un connard, fallait s’y attende à ce que son bras reste fragile.

Après une autre bordée de délicats surnoms destinés à sa propre personne, Jian traça un trait sur cette affaire, hésita à signaler à la sorcière qu’il n’avait jamais prétendu que sur le « retour », ils seraient ensemble. Peut-être bien qu’il allait plutôt essayer de trouver un téléphone et d’appeler Swan… Parce que conduire au retour, d’accord, mais saurait-elle au moins où le ramener ? Il ne savait même pas où ils étaient. Il nota qu’elle n’était quand même pas aux environs des deux cents, comme lui aurait pu l’être. Elle était un poil plus prudente que lui donc. Pas mal… Ou alors c’était juste qu’elle n’avait pas l’habitude d’avoir ce genre de bolide entre les mains. D’ici à ce qu’elle s’y habitue… Il allait se faire faucher sa voiture à ce rythme. Quoiqu’elle commençait à tenir de la passoire, donc il s’en fichait un peu.
Elle reprit la parole, il se désintéressa de sa blessure. Ou pas, puisqu’elle en parla.


    « Ca va aller. »


Réponse du tac au tac. Il n’avait même pas attendu que le dernier mot de Dorinne soit tombé pour répondre. Fierté masculine ? Sûrement pas, l’ennui c’était que le médecin qui le verrait lui ferait sans doute un joli dossier, et dans un « petit bouiboui » comme elle disait, il doutait de trouver autre chose qu’un truc qui déclencherait une infection capable de le priver de bras. Lui, paranoïaque ? Oui toujours. Il préférait encore se soigner tout seul.
Il suivit l’exemple de Dorine, détailla la voiture venant dans l’autre sens. Une femme au volant, surprise. Rien de plus.
Ils doivent avoir l’air fin tous les deux dans leur ancienne belle BMW, qui tend actuellement plutôt vers l’épave…

Donc, ils étaient en Suisse.
Il secoua négativement la tête : la Suisse, ça allait très bien, inutile d’aller ailleurs, et surtout pas au Mexique.
Dans l’autre sens, encore une autre voiture. Regard méfiant, ce genre de voiture que l’on espère pas croiser…
Et un soupire qu’il ne parvint pas à retenir.


    « Swan est un pot de glue. »


Véridique, il soupçonnait son second de le tracer grâce à son téléphone portable, les fois où il disparaissait sans prévenir. Il avait bien fait de l’oublier aujourd’hui, même si pour une fois, il le regrettait presque son téléphone.
Il aurait pu aussi admettre que Swan était l’unique personne qu’il considérait comme un ami. Mais ça, ça ne regardait personne. Dire que son sosie lui « tournait autour » c’était un peu exagéré, mais à peine. Même si c’était sans aucune arrière pensée, ça n’était que de l’amitié entre eux. Contrairement à ce que certains pensaient… Etrangement, depuis qu’il déraillait de temps à autre avec une charmante demoiselle, plus personne ne faisait ce genre de remarque. A moins que ça ne soit lié à la fois où il avait explosé les dents d’un gars qui s’était pris pour son pote…
Swan est un pot de glue.
Mais c’était le seul gars de ce genre qu’il acceptait à ses côtés.
India s’était fait jeté depuis quelques années, Nevada avait toujours été autant un ami qu’un ennemi. Une ombre de sourire étira presque ses lèvres. Il comprenait que Dorinne soit pour l’idée de relâcher Nevada. Lui aussi, à sa place, il aurait voulu que l’on relâche un ami. Sachant combien ces derniers étaient rares pour les gens comme elle et lui…
La première fois. Avec les zombies ? Sur… Cette foutue plage.
Tu avais l’air triste.

Il lui jeta un regard en coin, puis se pencha vers la boîte à gants, y retournant le revolver qui s’y trouvait, quelques munitions. Il commença à croire qu’il allait devoir sacrifier son t-shirt, quand il tomba enfin sur un autre, un vieux t-shirt qui le dépannait quand il en avait besoin. Soit quand il se barrait tellement vite qu’il se retrouvait torse nu au volant, ou que le t-shirt d’origine se retrouvait dans un tel état que…
Bref, sans l’ombre d’un remord, il tira son couteau de chasse et déchira presque proprement une bande de tissu. Doucement, il défit le bandage posé par Dorinne, examina vaguement la blessure des deux côtés. Il s’était vraiment fait perforé de part en part…


    « Je ne me voyais pas non plus avoir un gosse. Reste à savoir si ça changera quelque chose. »


Il pouvait l’ignorer après tout. Envoyer promener Maggie et continuer comme avant. S’éviter un tas de soucis…
Et en même temps, la fierté de poser les yeux sur son gosse… C’était purement chimique. C’était grotesque.


    « Et toi alors, Kaizen t’a pas déjà trouvé un prince consort ? »


Avec beaucoup moins de douceur, il serra la bande de t-shirt, à peu près aussi délicatement que Dorinne l’avait fait avec le chiffon. Sentir la douleur l’étourdir le rassurant : c’était que la machine tournait encore.
Tu avais l’air triste…
Joker.




* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 25 Avr - 16:00

Je garde les yeux rivés sur la route. Je ne suis pas comme Jian qui roule à 200km/h en tournant la tête vers son passager pour tailler une bavette.
Même si avec Jian c'est de la sculpture à coup de serpes. Il parle peu, juste ce qu'il faut, pour détourner l'attention. Pas la mienne, je ne suis pas assez effrayée pour suivre d'instinct les mouvements qu'il impulse à cette conversation.
Et de toute manière, s'il râle je nous envoie dans le décor. Il aura pas le temps de sauter de la voiture en marche qu'on sera déjà dans un mur.

-Kaizen ne trouve personne capable de me supporter plus de cinq minutes.

Sur l'horizon se découpe quelques toits, quelques fumées et une masse non négligeable de nuages gris. Ici aussi il va pleuvoir. L'air qui s'engouffre dans l'habitacle est chargée d'humidité et d'électricité statique. Ah, non, l'électricité c'est nous. Petit silence. Je reprends là où il a voulu changer la donne.

-Je crois que tu as déjà changé. Sur la plage tu fonçais dans le tas sans discuter. Je crois... Tu te fichais qu'un zombie t'arrache la tête ou que Kaizen se goure de jambe. Mais aujourd'hui tu étais prêt à négocier.

Petit sourire en coin. Moi je l'ai remarqué parce que... Parce que je n'ai que ça à faire d'enquiquiner les gens sur ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. Je m'ennuie, enfermé dans une cage dorée, je me saoule moi-même alors quand je sors, je me défoule. Désolé...

-C'est ça de devenir chef. Chef des hunters, chef de famille. Pour le premier je sais que c'est déjà suffisamment lourd à porter, alors un gamin en plus. Même toi tu auras du mal à tout concilier.

Mon sourire disparait, le panneau européen indique une bifurcation obligation, je ralentis, je prends.

-Mais ce que je dis, ce n'est pas la peine de l'écouter. Tu ne serais pas le premier à m'ignorer. Les dragons considèrent, pour la plus grande majorité, que je ne sais dire que des âneries, ils n'ont pas tout à fait tort.

Petit rire sans consistance, je retrouve le sourire quand on approche de la ville.
En quelques minutes on passe sous un espèce de pont et nous voilà dans la périphérie d'une petite ville coincée entre deux énormes autoroutes. Tellement invisible dans la broussaille et le ciel gris qu'elle parait vidée de toute vie. Mais il y a une enseigne clignotante d'une épicerie qui fait location de vidéos, la mairie ressemble à une vieille maison en brique et un bar semble occuper tout un carrefour tant l'endroit est minuscule.

Je gare la voiture à cheval sur le trottoir. La route est à sens unique mais étroite, je préfère occuper un bout de trottoir que de voir un chauffard ivre emporter un bout de la passoire. Jian ne me le pardonnerai certainement pas. Je coupais le contact et lui tendis les clefs en ouvrant la portière.

-Arrivés en un seul morceau !



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Mar 26 Avr - 12:05

Etrangement, ça ne l’étonna même pas que le saurien n’ait trouvé personne. Ce dont il n’était pas sûr, c’était de l’identité de la personne à supporter dans le lot. D’accord, Dorinne était capable d’être tuante, épuisante, infecte, envahissante, soulante, et tous les adjectifs s’apparentant aux précédents. Mais ça n’était rien comparé à Kaizen qui avait autant de tolérance qu’un grand-père rabâchant sans arrêt ses exploits de la deuxième guerre. Si La sorcière était une tête à claques, le dragon était digne du parasite interstellaire version big chicken huit étages.
En essayant un instant (un bref instant) de se mettre à la place d’un potentiel prétendant, il aurait également rapidement déchanté.

Au loin, il devina la silhouette du bled perdu qui leur permettrait de se réhydrater après tant d’émotions. Il mit à l’écart l’absence de vie sentimentale de Dorinne pour se bourrer le crâne du moindre détail passant à sa vue. Il allait sans doute se remettre à pleuvoir, l’air sentait la pluie, le bitume humide, un arrière goût de pollution. Il écarta l’odeur de métal et de cuir qui couvrait légèrement celle de sang et de sueur. Il laissa Dorinne parler, lui prêtant une oreille calme et posée. Pourquoi parlait-elle de cette plage ? C’était vieux, et il lui en avait voulu de l’avoir réduite en poussière cette fameuse plage. Il y était retourné l’an dernier, il n’avait trouvé qu’une falaise se jetant dans l’océan. Il avait retrouvé le boyau qui avait autrefois mené au pied de ladite falaise, sur cette plage… Il était descendu de quelques mètres, puis remonté. Le tunnel sentait l’eau salée et l’algue, il avait deviné sans le voir qu’il n’atteindrait rien par là.
Donc, la plage. Et leur combat contre les zombies. Bien sûr qu’il n’avait pas discuté, un zombie ça n’était pas tellement bavard… Quoiqu’elle dise, c’était jusque là exact.
Les zombies et Kaizen, il n’avait pas craint de se faire tuer ou blesser.
Pourquoi ? Déjà à l’époque, il n’avait pas peur de grand-chose.
Il avait eu confiance. En lui, et sa capacité à se battre et survivre. En Kaizen, et sa capacité à se battre. Se battre avec des humains cent fois plus petits que lui en taille à ses côtés. Ce jour-là, le dragon n’avait pas une seule fois discuter ses consignes. Kaizen et Dorinne au centre, lui à gauche, Swan à droite. Puis Kaizen seul au centre, Dorinne à gauche, lui à droite, Swan au tapis. Puis Kaizen au centre, lui à gauche. Swan et Dorinne au tapis. Puis ils étaient perdus.
Zombies, un, eux zéro…

C’était uniquement sur ça qu’elle se basait pour dire qu’il avait changé ?
Face aux démons, il avait eu tout intérêt à essayer de négocier. Blessé, avec une arme pointée sur lui… Il était plutôt bon combattant, mais il aurait eu du mal à dégainer et tirer avant que l’autre n’appuie sur la détente. Il avait négocié pour gagner du temps, parce qu’il n’avait pas eu d’autre choix, parce que c’était ça ou prendre de sérieux risques qui l’aurait mis en danger lui, mais surtout…

Pause.
Elle avait raison, il avait changé. Avant il aurait compté sur la réactivité de la sorcière-dragon. Là… Il avait songé à la préserver. C’était ça de devenir chef… Il ne s’agissait pas que de gagner. Il s’agissait de limiter autant que possible les dégâts humains et matériels.
Même toi tu auras du mal à tout concilier.
Un sourire étira ses lèvres, frondeur. Prêt à parier le contraire.
Un sourire qui disparut, remplacé par une ombre à peine contrarié, ces traits de marbre qui le caractérisaient.
Petit rire de la demoiselle. Rire jaune. Sa mémoire enregistra le décor, il accepta ses clés et sortit de sa voiture.


    « Si, ils ont tord. »


La BMW verrouillée, quoiqu’il n’y ait pas grand-chose à voler, le chasseur glissa les clés dans sa poche, se pencha par la fenêtre éclatée pour récupérer son briquet et ses cigarettes dans la portière. Volontairement, il s’appuya sur son bras droit. Il tenait à l’utiliser, à le sentir bouger, à ne pas le laisser s’endormir.
Sur le même ton du et catégorique, il poursuivit.


    « Personne n’a le droit de t’ignorer. Que ça plaise ou pas, tu es impératrice. »


Ses yeux verts se fixèrent dans ceux de la sorcière. Même si elle était un peu folle, même si elle n’avait pas l’impression d’être faite pour ce rôle, elle y était, et de bon droit. De même que lui, on l’avait collé là où il était sans lui demander tellement son avis. Elle comme lui savait mieux que personne ce qu’était prendre une décision, faire un choix, penser pour tout le monde, porter des espoirs et y croire, en sachant que ça n’arriverait pas. Peut-être qu’ils étaient fous, mais mieux que personne, ils comprenaient l’Univers, et combien ils n’étaient rien à côté.
Personne n’avait droit de les ignorer. Personne n’avait le droit de juger ce que disait Dorinne. Et de considérer ses paroles comme de simples âneries. Même si elle en disait.

Le chasseur s’accroupit au niveau de sa roue gauche, se releva et contourna sa voiture par l’avant, pour reproduire la même manœuvre. En soi, il ne faisait que passer une main derrière ses roues. Concrètement, c’était du sabotage réfléchi et élaboré pour s’éviter de se faire emprunter sa voiture. Vu l’état, il ne risquait pas grand-chose, mais il préférait quand même s’assurer qu’on ne lui piquerait pas sa poubelle.
De nouveau debout, il referma la portière de Dorinne, et comme ils étaient venus là pour ça, il l’invita à gagner le bar.
Reprit.


    « Toi, tu choisirais quoi ? Tes devoirs, ton môme, ou les deux ? »


Parce que sincèrement… C’était rare, mais là, il hésitait. Il n’y avait pas de bon choix, ni de mauvais. Ce qu’il déciderait ne changerait rien à l’Univers, ne changerait que sa vie, ou pas. C’était peut-être pour ça que c’était plus difficile.
Même si au fond, il savait très bien ce qu’il allait faire.




* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Mer 27 Avr - 12:44

Lui il sait comment parler aux femmes... Pas étonnant qu'il se retrouve avec un môme ! En effet, personne n'a le droit de m'ignorer, et ça n'empêche pas les dragons de le faire. Parce que ce sont des dragons, qu'ils ignorent tout et tout le monde, sauf eux-mêmes. Et sauf Kaizen bien évidemment. L'honneur de faire partie de leur cercle très privé se gagne par le sang. J'ai versé du miens, mais ce n'est pas encore assez.
Haussement d'épaules. Il a raison, mais dans la pratique c'est bien plus compliqué que ça. Je suis une impératrice fantoche, je suis là parce qu'ils ont besoin de ma légitimité, celle de Calypso et de Yukino, qui dort quelque part dans mon âme et surtout dans mon passé.

-Ce n'est qu'un titre. Si j'étais vraiment le chef j'aurais déjà remis en place toute l'armada des dragons. Mais vois-tu, j'ai beau être une sorcière-dragon, quand j'en vois un, je ne peux m'empêcher de me sentir en danger.

Sourire.

-Donc j'ai choisi les devoirs. Parce que je n'ai pas de môme. Et si j'étais toi, ce qui serait carrément difficile à vivre, je choisirai les deux. Parce que tu es certainement plus fou que moi. Mais. Je ne suis pas toi. Et si je peux te conseiller quelque chose c'est de faire ton devoir et de t'assurer que ton gosse soit en sécurité. Tu n'es pas le seul capable de le protéger, mais tu es le seul qui puisse prendre les bonnes décisions pour ça.


Je regarde la rue déserte. Un chat saute sur le bord d'une fenêtre, aucun autre mouvement visible à l'oeil nu.

-Tu auras toujours des démons aux trousses, c'est ça d'être un hunter aussi réputé. Alors si tu ne veux pas que ton garçon subissent tous les risques que tu prends, et si tu ne veux pas revoir tes méthodes jusque là très efficaces, change-le d'environnement. Mets-le hors d'atteinte de ceux qui veulent ta tête sur leur cheminée.


La porte du bar grince à peine. Plusieurs têtes moroses nous toisent quand on entre. Évidemment on a l'air de deux sans abris ou de deux abrutis venant d'échapper aux services secrets russes. Il est blessé, moi aussi -un tout petit peu- on a la tête ébouriffé du vent qui s'engouffrait dans la voiture par les vitres cassées et on doit pas sentir la rose.
En parlant de la voiture, ils ont tous dû voir notre magnifique coupé sport en version fromagère.
La discrétion, Dorinne. De la Dis-cré-tion ! Mais bien entendu, quand les poules auront des dents et que les cochons volerons. Les poules ça doit exister, les cochons... Kaizen est un cochon ? Non, il tient plus du varan que du cochon, donc non. Pas de cochon volant.

Je prends les devants et m'installe dos au mur. Un grand miroir fatigué au dessus de ma tête. Jian aurait l'occasion de voir tous ceux qui entreraient dans le coin. Traduction : j'ai enfin compris qu'il était paranoïaque. Je regarde le barman, un type gras et très sérieux qui nous regarde d'un oeil torve.
Je fouille dans ma poche, y trouve le petit porte-feuille que Kaizen m'a confié avant qu'on débarque sur Terre. J'avais des dollars et des euros, assez pour me payer le restaurant, car le but c'était de me détendre aujourd'hui, pas de me faire tirer dessus.



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Dim 26 Juin - 14:05

Il se garda de sourire à la réponse de Dorinne, parce que ça n’avait rien de drôle. A l’entendre ainsi, il se souvint de pourquoi il détestait tant les dragons… « Ce n’est qu’un titre », c’était elle qui l’avait décidé ça, ou bien était-ce eux qui le lui avait fourré dans le crâne ? C’était sans aucun doute plus difficile de gérer une bande de sauriens aux égos surdimensionnés, qu’une bande de chasseurs au sang chaud. Après tout, les chasseurs restaient de simples humains. Ses égaux, sur lesquels il pouvait avoir le dessus sans avoir à faire « peur ». Alors que les dragons...
Se sentir en danger… Pour une gamine haute comme trois pommes et dépassant à peine la vingtaine, il voulait bien le croire. Seulement… Et Kaizen dans tout ça ? Toujours complexé d’être tombé sur une fille comme Dorinne, une fille n’était pas son impératrice idéale ?
Ringard.
Ca se passait de commentaire.

Peut-être qu’un jour, Kaizen comprendrait qu’il fallait plus que la réouverture d’une dimension pour faire revivre un peuple. Qu’il comprendrait qu’il fallait aussi du sang neuf, des gens de la génération en court. Pas des vieux dragons rétro. Il songea que s’il avait pu, il aurait aidé la sorcière. Imposer ses idées, son mode de fonctionnement, plier le groupe à ses règles, comme les hunters s’étaient pliés aux siennes.
Jamais il n’avait regretté ses propres choix. Il le comprenait d’autant mieux pourquoi en entendant la jeune femme parler de sa propre situation.

Donc les devoirs. Et à sa place ?
Une ombre, un demi, un quart de sourire naquit sur le coin de ses lèvres.
Fou, il fallait bien faire pour arriver à croire en diverses choses totalement opposées les unes aux autres.
Dans ses souvenirs, elle avait… Non, elle parlait tout autant qu’avant. Langue bien pendue : une femme. Non, une fille entourée de tout, sauf d’oreilles. Habituée à parler à des murs d’écailles… Une occasion pour lui d’apparaitre pour autre chose qu’un mur d’os et de chairs.
Et la conclusion. Comment choisir ? En ne choisissant pas.
Devoir ou môme… Hors de question qu’il abandonne ce qu’il avait si durement gagné et organisé pour un mioche. Et en même temps, abandonner le mioche en question… Vu celle qui lui servait de mère…

Un mouvement attira ses yeux verts. Juste un chat…
Mets-le hors d’atteinte.

La porte du bar grinça à peine, l’image d’une craie grinçant sur un tableau noir. Il n’en connaissait qu’un de lieu où Yannick serait hors d’atteinte de qui que ce soit. Là où il avait collé Nevada… Mais là-bas, le temps ne passait pas. Les enfants grandissaient gavés d’hormones de croissances, pour avoir l’occasion de devenir un jour adulte. Chez un ancien devil hunter installé sur Terre ? Oui, non… Non. Il n’avait pas confiance en eux. C’était trop facile de retourner sa veste.
Là où Dorinne avait raison, c’était qu’au final, il pouvait se permettre de garder le gosse, de garder son job.
L’avantage d’être fou…
Comme la sorcière dragon se mit dos au mur, il n’eut d’autre choix que celui de se mettre face à elle. Ouvertures sur l’extérieur les plus proches, des voies de fuites identiques à des sources de dangers. Pas de surveillance vidéo, mais « on » les avait dévisagé quand ils étaient entrés. Pas tellement surprenant… Il ne s’attarda pas à son reflet dans le miroir. Présentable, pas du tout… Une horreur même. Une insulte, deux, trois. Intérieur, il se maudit d’avoir pu se comporter si stupidement, et partir sans rien.
Quand tu te mets dans la merde tout seul, il faut t’attendre à devoir t’en sortir de la même manière.

Pièce passée au peigne fin, ses yeux se reposèrent sur Dorinne.
Il se calla plus confortablement dans sa chaise. Sans croiser les bras, celui blessé demeurant posé sous la table, sur l’une de ses cuisses, alors que l’autre… Dieu seul aurait pu dire ce qu’il attendait.


    « T’as mûri. »


Elle lui donnait son avis sur son gosse, et il ne trouvait rien d’autre à répondre. Normal ? Et quoi, il avait son opinion, inutile de continuer d’en parler d’avantage. Il était censé faire quoi ? Lui montrer une photo grâce à son téléphone ? Il n’avait pas son portable, et il n’y avait aucune photo dessus. Lui raconter niaisement comment le môme était adorable ? Il n’en savait rien, il n’avait pas pris la peine de l’observer. Enfin si, juste… Juste pour percuter que, même gamin, c’était un gamin intelligent.
Et lui, il lui disait qu’elle était plus mûre. Normal : elle avait gagné deux ans, comme lui.
Le général chasseur voulut poursuivre, puis croisa par l’intermédiaire de la glace le regard de merlan d’une large masse humanoïde. Hâtivement, celui qu’il jugea être le barman détourna le regard. Et d’un geste, Jian se retourna sur sa chaise, crucifia l’homme de ses yeux verts, de sa voix posée et dure.


    « Est-ce possible de boire ici ? »


Calme, aucune patience. Le gars qui à peine posé se demande pourquoi il n’est pas servi…
En tant normal, un autre jour, il aurait attendu sagement.
Mais sa voiture bonne pour le triple de son prix de réparation, ses broches manquant de lui perforer la peau, avoir été touché, et pas qu’un peu, se présenter dans un état pitoyable, avoir du se tirer au lieu de pulvériser ces abrutis de démons…
Patience, zéro.



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 4 Juil - 5:08

Le barman haussa si haut son épais sourcil qu'il me semblait voir un ver poilu cassé en deux au dessus de son oeil. Son visage se peint d'une sacré surprise désagréablement venue. Il laissa tomber son torchon et brailla avec un fort accent montagnard :

-Et qu'est-ce que je vous sers ?

Je n'attends pas que Jian commande. Il me reste de la monnaie, ma glace ayant consumé une partie de mon pécule journalier, je lance deux cafés avec un sourire radieux pour le patron. Je suis de loin en meilleur état que mon compagnon, je suis jeune, pas forcément laide, des cheveux bizarres c'est vrais, mais je reste une fillette. Il esquisse un léger sourire et fait ronfler son percolateur.
Mais qu'est-ce qu'une gamine fait avec ce type tout droit sorti d'un film ? Moi aussi je me pose la question, tout en me souvenant que j'ai sciemment grimpé dans sa voiture. J'aurais dû le laisser s'en sortir seul, ça n'aurait pas changé grand chose mais au moins l'un de nous deux aurait pu profiter d'une journée calme.

Silencieuse jusqu'à ce qu'il dépose les cafés fumant devant nous, j'attends qu'il s'éloigne et que les conversations reprennent dans le bistro pour me remettre à parler. Je ne reste jamais silencieuse longtemps, c'est vrai.

Etrangement, mes pensées en revenaient aux hunters, aux pirates, à ces histoires de politiques. La dimension rouge était en mauvaise posture depuis des millénaires, et malgré ce que Jian laissait paraitre les hunters l'étaient aussi. Unis ou pas.

-Si les pirates prennent le pouvoir personne ne sera en sécurité. Pas même les hunters.

Ils ont une dent contre les anges et les démons. Je comprends parfaitement, je suis même d'accord avec eux. Mes dragons finiront séquestrés chez eux ou en guerre si les empires tombent. Et le jour où les pirates n'auront plus d'ennemis, les hunters n'auront d'une part plus de travail (plus vraiment) et en cadeau ils formeront un groupe armé et politiquement influant un peu trop encombrant ) mon humble avis.

Se battre pour des idéaux, je veux bien. Mais au fond ma position de "chacun pour soi" paraissait comme une solution bien plus durable qu'une entente avec les pirates.
Kaizen m'a appris qu'il vaut mieux équilibrer les forces que les soumettre à une autre entité. Le conflit permanent est la source d'une évolution, la domination ouvrirait une ère d'obscurantisme à l'échelle de l'univers.

-Protéger nos proches s'avèrera bien plus difficile avec ces types sur le dos. Ça l'est déjà...

Je sucrais mon café, buvais une gorgée et grimaçais ouvertement... Plus amer que Kaizen ce truc.
Donc oui, j'ai assez mûris pour boire du café, pas pour l'apprécier. Et si Jian est pas content que ça manque d'alcool... Il avait qu'à prendre son porte-feuille.

Spoiler:
 



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 4 Juil - 20:10

Vu comme tout partait assez mal ce jour-ci, il aurait bien commandé de l’alcool. Quelque chose d’à peine fort, à peine… Un fond de whiskey peut-être tiens. Bien sec. Ou deux fonds. Ou trois. Ou la bouteille ? Non, sûrement pas. Il n’appliquait pas l’adage « celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas », mais il évitait de s’alcooliser excessivement quand il devait prendre le volant d’une passoire. Surtout que vu que ce jour était beaucoup de chose sauf un jour de chance, il valait mieux ne pas tenter le diable. Donc…
Dorinne commanda pour deux, il oublia son whiskey et ses divagations sur la limitation d’alcool acceptable dans l’organisme pour affronter l’adversité d’un jour de merde. Café, point barre. Il aurait difficilement trouvé autre chose pour le refroidir. Bien que ça se passe de commentaire, il haussa un sourcil au sourire que fit la sorcière à celui qui devait faire fonction de barman. Elle lui faisait du gringe, ou elle arrondissait les angles ? Il s’offrit le plaisir du bénéfice du doute, sans trop y croire.

Il se détourna d’elle, examina la surface lisse du miroir.
Elle avait quelque chose à lui demander pour vouloir rattraper le coup avec le serveur ? Ou c’était juste l’instinct de survie, la politesse, qui la poussait à rectifier le tir ? Kaizen avait de l’influence sur elle, ou elle s’était civilisée ? Il était paranoïaque, ça c’était certain. Mais quand même, c’était étrange qu’elle réagisse ainsi. Elle avait oublié la tendance qu’il avait à se faire des ennemis à peu près partout où il allait ? Qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’il se mette ce mec à dos, et réciproquement ? C’était un commerçant, il ne mettrait pas dehors quelqu’un juste parce que la tête du quelqu’un en question ne lui reviendrait pas. Bon doucement la crise de paranoïa… Ou pas. Il aurait pu essayer de se convaincre qu’après tout « ça n’était que Dorinne », seulement comme il l’avait lui-même dit, « que Dorinne » était l’impératrice de la dimension rouge. Et elle ne l’était pas sans raison. Après ces deux années où il n’avait eu d’elle que des échos, grâce à quelques oreilles bien placées… Faire confiance ? En combat ça pouvait encore se faire, mais à présent qu’il avait le temps de réfléchir calmement…

Les conversations reprirent, lui, perdu dans ses pensées, sentit le café arriver avant même de le voir. Du bout de l’index, il effleura sa tasse, sans avoir vraiment l’air d’être à ce qu’il faisait. Avec un léger flegme, il prêta une oreille aux mots de la jeune femme, sans que ses yeux verts ne s’arrachent du liquide noir fumant.
Les pirates, les pirates…
Plait-il ?
« Si » ils prennent le pouvoir. Ce qui n’était pas encore gagné. Et…
C’était un avertissement ? Une menace ? Elle essayait de lui faire comprendre que les hunters n’étaient pas plus à l’abri que les autres ? Pour l’instant c’était les anges et les démons qui avaient intérêt à se faire petits. Et qu’ils le fassent ou pas, rien ne prouvait que ces pirates prendraient un jour le pouvoir sur ce bas monde. Pour l’instant ils s’y prenaient assez bien pour y parvenir, mais ça ne prouvait pas qu’ils y arriveraient.
Le chasseur demeura concentré sur son café.

Ca rejoignait l’idée de départ, cette idée qu’il n’avait pas formulé mais qui se résumait à un mot : intérêts. Elle en avait, il avait les siens. De là à ce qu’elle lui rappelle les risques qu’il pouvait bien courir…

Bon et ensuite ? Quoi d’autre à dire ?
Silencieux, à son habitude, il souleva sa tasse à ses lèvres. Du jus de chaussette aurait sans doute eu le même goût. Il aurait été seul, ou avec Swan, il aurait envoyé ce breuvage infecte dans la tête de cet abruti qui avait osé le lui servir. Mais bon, étant donné les efforts que Dorinne faisait pour calmer le jeu… Il l’écouta donc parler encore, attendant qu’elle sorte quelque chose à quoi il pourrait répondre. Et… Et ? Et presque surpris – presque – il releva les yeux vers elle. En bref, il était dans la merde, il allait l’être d’autant plus en devant protéger Yannick en plus de lui-même. Ca l’est déjà…
Ca, il aurait bien aimé voir la liste des proches qu’elle avait à protéger. Les dragons ? Ils se défendaient tous seuls. Leurs sorciers ? Ceux qui ne se défendaient pas seuls étaient protégés par leurs dragons. Enfin aucune de toutes ces « personnes » n’étaient des proches. Kaizen alors ? D’autres personnes que lui ne connaissait pas ? A moins qu’elle ne parle de Nathan, mais là il était tout à fait capable de se défendre.
Conclusion : pourquoi « nos proches » alors que ce qu’il aurait été plus exact de dire « protéger tes proches s’avèrera bien plus difficile, surtout protéger Yannick qui est un môme » ?
Il se retint de répondre aussi sèchement qu’il le songea.
« Nos proches ? »


    « Sans doute. »


Il aurait voulu pouvoir lui faire croire qu’il n’en avait rien à cirer, qu’il se contentait de la croire sur parole. Mais après lui avoir parlé de Yannick, c’était un peu délicat. Jouer la carte de la sincérité ? Un buzzer résonna sous son crâne. Mauvaise réponse, ça n’aurait pas été crédible de parler franchement. Se faire passer pour un crétin, comme s’il n’avait pas compris où elle voulait en venir ? Possible, mais elle savait qu’il n’était pas (pas totalement) crétin.
Plongea ses mains dans ses poches, ses doigts heurtèrent son briquet et ses cigarettes. Automatiquement, il les sortit pour les poser sur la table, sortir une clope et l’allumer. La notion de bar « non-fumeur » ne lui effleurant même pas l’esprit. Il n’avait pas vu de panneau d’interdiction, donc… Donc il se permettait. Et celui qui voudrait émettre une objection s’expliquerait avec son kabar.

Et pour redevenir sérieux, et un peu moins cynique…
Il tira une bouffée à sa cigarette, but à contre cœur une gorgée de café. C’était Dorinne qui invitait après tout, il n’allait pas faire le difficile… Et donc, sérieusement…


    « Mais les options se font rares. Attendre une occasion est la seule chose que les hunters ont. »


Les hunters. Il ne parlait pas de lui, ni de ses proches. Pas plus de Nathan, pour peu qu’il soit réellement un proche, que de Swan. Et encore moins de son gosse… Il était d’accord avec elle. Les pirates ne s’en prendraient pas éternellement à l’Enfer et au Paradis. Et quand ils s’en prendraient à eux… Il en était bien conscient. Mais en attendant, il n’avait rien trouvé de mieux à faire qu’attendre. Attendre une occasion de prendre le dessus…
Il soupira, l’air fatigué. Et pas que l’air. Secouant la tête, il laissa tomber une rondelle de cendre dans la coupelle de sa tasse. Il n’aimait pas à attendre, il n’aimait pas se soumettre à qui que ce soit. Même si ces deux pirates étaient indéniablement… Seulement maintenant, il y avait une équation de plus dans le problème. Une équation de tout juste un an…


    « Que proposes-tu ? »


Parce qu’elle ne parlait quand même pas que pour meubler… Si ?



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 11 Juil - 19:27

-J'ai rien à proposé.

Attendre ? C'est pas un truc de lémurien ça ? Je veux dire, attendre quoi ? Que ça lui pète sous le nez pour se lancer ? Parce que deux débiles venus de nulle part qui débarquent dans notre joli coin de l'Univers pour prendre le pouvoir, il trouve pas ça déjà suffisant pour se décider à bouger ?
Ils peuvent bien en avoir après les anges et les démons, je ne compte pas attendre qu'ils viennent s'occuper de mon cas gentiment. J'ai trop d'amour propre pour les laisser faire. Je ne veux pas attendre qu'ils se renforcent, qu'ils s'endurcissent. Qu'ils aillent conquérir leur monde et laissent les nôtres en paix !
Sourcils froncés, sourire neutre, je hoche de la tête. Signe de désapprobation ou d'incompréhension, j'hésite encore sur la finalité. J'ai aussi besoin de me délasser la nuque...

- Tu peux attendre que les anges et les démons fassent le travail à notre place ou tu peux commencer à te préparer pour éviter les dégâts.

Imaginer les anges et les démons s'unirent plus ou moins bien pour chasser deux pirates et un équipage, cela suffirait à leur redonner confiance. Les nouveaux rois pourraient assoir leur position avec une victoire. Le début d'un nouveau règne asphyxiant les autres races. Ils attendent peut-être de voir comment les pirates se comportent avec nous. Si ces deux là pouvaient nous coller une rouste d'abord et ensuite aller les voir, ça les arrangerait bien !
Mais tant que les rois n'ont pas été intronisés les royaumes sont fragiles et faibles. Les pirates ont su choisir leur moment pour s'imposer. Ils seraient bien capables d'enfermer les anges dans leur beau paradis et les démons aux enfers. Éradiquer des races si anciennes prendrait du temps, mais les enfermer, ça... Ils n'auraient plus qu'à tomber sur le nez des dragons pour les renvoyer chez leurs mères et les hunters suivraient bien assez tôt... Dès qu'ils n'auront plus besoin d'une armée.
Je me demande si les sorciers seraient de la partie.

-Au fond, ils louent nos armées. Eux ne se fatiguent pas beaucoup, ce sont tes hommes et mes sujets qui meurent dans des bains de sang. Sans nous, ils ne feraient pas le poids contre les Enfers ou le paradis. Pas contre de véritables armées, organisées et équipées pour les guerres de longue haleine.

Un frisson me parcourue. La porte s'ouvrit, grinça et apportait avec elle un courant d'air glacée d'humidité. Un homme patibulaire entrait, une cigarette pendait au coin de sa lèvre. Il nous jeta un oeil mauvais, se hissa sur un tabouret et avança sur le comptoir quelques billets de francs Suisses. Un habitué, je baissais les yeux sur mes mains.

-J'aimerai que cette petite accalmie dure encore quelques années. C'est plus simple ainsi. Tu me vois diriger une armée ? Je sais protéger, pas diriger. Ça c'est le truc de gens comme toi, forts avec les épaules solides.

Sourire.

Pour moi j'ai fais les bons choix, quoiqu'en dise Kaizen et toute sa clique de dragons cintrés. J'ai continué d'avancer et de sauver ma peau à chaque fois qu'on m'a mise sur la potence. Jusqu'ici j'ai été bien inspirée, pourquoi ça ne continuerait pas ? Je suis coriace, difficile à éliminer, Yukirei en sait quelque chose ! Il en est mort.

Je cligne des yeux quand un éclat métallique m'éblouit. Instinctivement, je lève le nez vers le nouvel arrivant. Sa montre ? Un bracelet ? Une bague ? Je ne vois rien de tout ça.



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Dim 14 Aoû - 14:44

Donc en fait… Si, elle parlait pour meubler, plus ou moins. Ou alors elle tâtait le terrain… Ca y ressemblait.
Des constatations par millier, mais aucune proposition, aucune idée. Aucun plan, aucun projet… Et qu’espérait-elle alors ? Qu’il fasse diversion ? Qu’il leur ponde un truc génial qui lui permettrait à elle de continuer à couver sa dimension et son peuple, à lui de regarder son rejeton grandir des étoiles plein les yeux et des pâquerettes entre les dents ? Par pitié non, qu’on éloigne cette vision d’horreur de lui. Complaisant avec lui-même, il éloigna, attendit la suite sa cigarette entre deux phalanges, le café au bout des doigts. Mentalement, il calcula depuis quand il était général des chasseurs. Deux ans ? A peu près. Avant ça il avait eu à gérer uniquement les devils hunters, et ce pendant quatre ans. Et encore avant… Encore avant, voyage initiatique.
Tout ça pour dire…

Elle y croyait vraiment quand elle lui expliquait « ça » ?
Ce qu’il pouvait il le savait quand même. Il y avait réfléchi.
Attendre que les anges et les démons massacrent les pirates : une chose qui n’arriverait pas. Ces pirates avaient la peau dure. Le pouvoir de convaincre, sinon de persuader. Ils avaient des arguments, et des fleurs poussaient dans le fumier qui leur remplissait la bouche.
A peine, son regard s’étrécit.

Mais elle était sonnée ou quoi ? Elle le prenait pour qui ? Elle croyait que régner deux ans c’était suffisant pour venir lui donner des leçons ? Qu’il avait besoin d’être assisté pour prendre des décisions ? Elle était tombée sur la tête non ? Ce qu’il pouvait faire, ce qu’il faisait, il y pensait sans arrêt. Se préparer, se préparer à quoi ? De quels dégâts parlait-elle ? Des dégâts il y en avait tous les jours. Oh bien sûr ça n’était pas de la grande guerre non plus, avec un « g » majuscule en tour de Pise. Mais ils n’en avaient pas moins des blessés, des morts, des gosses (tout aussi accidentellement), et des « dégâts » qu’ils devaient accusés, prêts ou non.
Pas croyable, elle se fichait de lui là…
Sauf qu’en l’observant, il ne put conclure qu’une chose : elle parlait tout à fait sérieusement. Laisser s’exprimer la jeunesse, il trouva le terme divinement pédant et supérieur, l’éloigna aussi loin de lui que faire se peut. Elle disait ça en tout bien tout honneur, tenant un discours que Kaizen aurait sans doute dénigré avec son caractère de merde si célèbre. D’accord, pour l’instant ce qu’elle disait était, sinon stupide, assez peu pertinent.

Avec un léger soupire qu’il ne laissa même pas apparaitre, il leva un œil vers le miroir, satisfaisant son besoin paranoïaque de savoir ce qui se passait derrière lui. Pas grand-chose digne d’intérêt, juste assez de quoi lui mettre la puce à l’oreille. Elle reprit, il continua de guetter les autres clients, comme si un monstre se trouvait parmi eux. Son attention néanmoins focalisée sur Dorinne.
Elle était censée, ce qu’elle disait prouvait même qu’elle avait réfléchi au problème.
« Tes hommes et mes sujets qui meurent dans des bains de sang », à ces mots il ravala un sourire amusé, un rire allumant brièvement le vert de ses yeux. Ses hommes à lui, au moins une partie de ses effectifs, avaient pour vocation d’annihiler ses sujets à elle. Des bains de sang ? C’était navrant, il en était désolé. Il n’approuverait jamais la mort d’aucun de ses semblables, même lorsqu’elle semblait se justifier par la suite. Il détestait plus que tout les bulletins de décès hebdomadaires, parfois quotidiens. Mais qu’ils meurent ou non, ses hommes étaient une des sources de ces bains de sang. Ils n’en étaient pas toujours à l’origine, cependant ils y avaient leur place. Anges, démons, sorciers dragons ou sorciers tout court, les hunters faisaient leur travail avec passion, même si ça impliquait parfois leur propre fin.

Enfin bref, de toute façon c’est très exagéré de parler d’armée au sujet des hunters : même avec un seul chef, un seul général, ils demeuraient des passionnés favorisant un gibier parmi d’autre. Tous ne plaçaient pas le mal au même endroit, et ils n’avaient rien d’une véritable armée. Une bande organisée tout au plus, quand tout le monde y mettait du sien (ou qu’il se décidait à leur flanquer la trouille).
Même avec lui, les pirates ne risquaient pas d’aller très loin. Sa main droite ignorait ce que faisait sa main gauche, et les hunters restaient globalement des gens moyennement stables. Ce qui les privait de la qualification d’armée, mais les apparentait aux cafards : nombreux, envahissants, et increvables. Avec lui à la tête de l’ensemble… Ouais, armée ou non, les pirates avaient plutôt bien choisi leurs alliés.

Aux aguets, Jian scruta le nouvel arrivant, comme s’il pouvait voir au travers. Distraitement, il termina son café, sans prendre garde à la cigarette qui, se terminant toute seule, menaçait de lui cramer les doigts. Il ne voyait toujours pas où Dorinne voulait en venir. Ah si…
Elle tenait à garder ses œufs au chaud. Préserver ses intérêts.
Couver des œufs et farcir un poulet, ça n’était pas exactement la même chose.
Protéger et diriger également.

Il lui rendit son sourire en secouant la tête, l’air de dire « merci de rassasier mon ego ». Fort avec les épaules solides, il se sentit l’âme d’une armoire à glace. Comme de juste, sa cigarette lui chauffa les phalanges, et il l’écrasa dans la soucoupe de son café.


    « En bref, cette situation bancale fait les affaires de la Dimension Rouge. »


Pas de roi aux Enfers, pas de roi au Paradis.
Deux types avides de rendre à l’humanité sa place de race dominante, jouant plus ou moins bien des pieds et des mains pour faire trembler de trouille la moitié de l’Univers. Une dimension rouge faible comme un nourrisson, quoique remplie de vieux dragons grincheux et fiers. Des humains, des sorciers, des déchus : le bazar habituel. Et puis bien sûr les hunters, le noyau dur concentré sur ce nœud d’Univers instable et grouillant, les électrons libres ou non, plus ou moins lointains, gravissant aux alentours en attendant. Attendant quoi, ça…

Mais cette situation bancale qu’elle souhaitait voir durer n’était pas au goût de tout le monde. Et surtout pas de ces deux pirates, qui donneraient un de ces jours un coup de pied dans la fourmilière. Il était bien placé dans le savoir…
Il entrouvrit la bouche pour poursuivre. Lui demander où ils allaient là, et quel sens avait cette conversation.
Seulement la sorcière cligna des yeux face à l’attaque d’une fine raie de lumière, et lui leva les yeux vers le miroir.
En théorie, et dans la plus part des bouquins, c’était dans ces moments là que le sang gelait dans les veines des protagonistes, que le temps s’arrêtait, que l’on arrivait à distinguer dans la pupille de l’autre l’adversaire arrivant dans son dos.

Le geste de Dorinne vers… Peu importe qui, mais son geste vers lui – lever le nez – l’interpela, en plus de l’éclat de lumière qui passa sur son visage. Et à moins qu’elle ne soit victime de phénomènes surnaturels, ça ne pouvait être qu’un rayon de lumière reflété sur une surface métallique.
Un cerveau normal se serait dit : cuillère ?
Son cerveau lourdement paranoïaque traduisit : arme blanche, arme à feu. Arme.
Et qui n’était pas armé ?
Lui.

Le général se retourna en se levant, une main sur le dossier de sa chaise. Pour le plaisir de l’envoyer expérimenter la chute libre et les chocs violents. Seulement l’autre n’appuya brusquement plus sur la gâchette, il tira juste la langue en grimaçant.


    « Gare-toi, c’est une sorcière. »


Jian haussa un sourcil, simulant à merveille l’incompréhension. Pardon, plait-il ?
L’homme baissa un peu le canon de son arme. Le releva. Apparemment, jouer l’innocence ne marchait pas.
L’autre reprit, agressif.


    « - Tire-toi !
    - Bon écoute mon gars, combien tu veux…
    Bug de l’autre. Jian fouilla ses poches, sachant qu’il n’y trouverait pas un sous.
    - Deux cents ? Trois cents ?
    Il se tourna vers Dorinne.
    - T’as pas de la monnaie ? »


Il vit dans le miroir l’autre lever la main… Et lui en coller une derrière la tête. La crosse de l’arme lui explosa la base du crâne, le sonnant sérieusement. Etalé par terre, et même dans le flou chercha à trouver la silhouette de la jeune femme du regard. Pour peu, il se serait redressé sur les coudes pour profiter du spectacle (à savoir : voir Dorinne trouver un plan pour s’en sortir) seulement ça n’aurait pas été crédible.



* * *


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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Dim 14 Aoû - 15:19

Gné ?
L'autre s'est levé.
Moi, une sorcière ? Mais pas du tout, c'est un bug de la machine. Le genre détecteur fou trop sensible. Je ne suis pas une sorcière ! Je proteste !

-Je suis une sorcière-dragon, nuance !

Il fronce les sourcils. L'information monte. Il sent certainement venir gros comme une maison un problème version big mama intervenir dans le bourbi. Son arme s'abaisse légèrement. Il réfléchit. Avec un dragon, ici, je suis en surnombre. En surpuissance aussi. Son arme pourrait me tuer, ou le faire tuer. Les dragons ne sont pas tous prévisibles. (Et ils sont connus pour leur brusquerie.)
Kaizen, si.
Evidemment, un gros machin qui crache du feu, c'est hyper banal. J'aurais préféré un gros machin avec un pouvoir un peu plus discret ou même original si possible. Mais non. Dodo se cogne LE dragon le plus banal de l'univers. Et peut-être aussi le plus imbuvable. On ne choisi pas sa famille il parait...
Dragon absent d'ailleurs.

Tiens, notre invité surprise a deviné que mon dragon n'est pas dans le coin... Il sourit.

Je me lève et repousse la table. Tant pis pour Jian écroulé sur le sol. Je suis son porte poisse personnel. La tasse de café vol, le sombre liquide s'en échappe. Il tir. La balle fait éclater le rebord de la table, dévie le coup qui s'enfonce dans le mur amenant avec lui la détonation assourdissante. Les usagers n'ont rien perdu du manège. L'histoire sent la poudre et la fumée. Je lève la main.
La seconde balle finit de me rendre sourde... elle lèch ema main levé et m'écorche paume et épaule sur la même lancée.
Le café n'est pas tombé avec la tasse, il s'enfonce dans son nez.
Un cri. Il se baisse, mouche le café qui l'étouffe. Ça ne tiendra pas longtemps. La table à fendu une dalle du carrelage, je suis trop faiblichonne pour soulever Jian et ses deux cent kilos et demi de muscle et de mauvaise humeur.

J'ai gardé la main levé. Je cherche. L'autre compte bien se venger de ma petite manipulation magique. J'ai prouvé que je suis une sorcière. Mais pas de dragon en vu. Quand je pense que Kaizen espérait vaguement que Jian me serve de bouclier... Les hommes ne servent à rien. Il me reste à prouver qu'on ne me tue pas si facilement !
Avec un tout petit peu de chance il comprendra que cheveux gris et dragon égale forcément risque de représailles sauriennes de masse.
Une vrai politique américaine tout ça...

Dans les films américains le héro survit... parfois.



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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Lun 15 Aoû - 19:28

Par terre et toujours sonné, le chasseur chercha à comprendre pourquoi la voix de Dorinne s’était élevée pour sortir quelque chose d’aussi débile que : « je suis une sorcière-dragon, nuance ! ». Sachant que ce type armé ne faisait sûrement pas de nuance, quelque soit le domaine. Vu le gabarie, vu le profil, vu les réactions, vu l’absence d’humour, la diplomatie ne leur servirait pas dans l’immédiat.
Un plan B peut-être ?
Il aurait pu se faire passer pour un agent en civil et brandir une carte quelconque, puis embarquer Dorinne, le mec, assommer ledit mec dans une ruelle et se tirer avec la sorcière. Ou alors brandir un flingue sous son nez, lui rendre son crochet de la crosse et appliquer la suite du plan précédemment énoncé.

Au lieu de ça, désarmé et sans portefeuille, Jian roula de justesse sur le côté pour ne pas se faire écraser par la table. Le coup que lui avait assené l’autre résonna sous son crâne, preuve que ce triple crétin des Alpes avait frappé assez fort pour au moins lui remplacer le cerveau par de la tambouille de neurones. Charmant, tout simplement charmant. Et pratique. Le moindre effort visuel ou de concentration semblait coûter trois mois de sommeil. Ecarté de l’obstacle premier (la table), le général se redressa sur les coudes et jeta un regard circulaire autour de lui. D’un côté, Dorinne, la main encore levée d’avoir utilisée sa magie. De l’autre ce type, les narines pleines de café, et d’autres gens derrière. A priori innocents, mais il n’y aurait pas mis sa tête à couper. D’abord parce qu’il n’en avait qu’une. Et ensuite parce qu’il avait, comme qui dirait, un super flaire. Encore mieux le dire, ces abrutis avaient une façon étrange de regarder la scène. D’un, des personnes normalement constitués et à l’innocence proportionnelle se seraient rués sur un téléphone pour appeler la brigade du coin. De deux, ces mêmes personnes n’auraient pas été aux aguets comme beaucoup de ceux présents l’étaient. De trois… La panique aurait régné suite à un coup de feu, pas ce calme silencieux et curieux de découvrir la suite.

Même pour quelqu’un victime d’une commotion, c’était bizarre.

La conclusion s’imposait d’elle-même, et assez facilement. Ils étaient tous de mèches ces abrutis.
Par ailleurs ils n’étaient pas deux milles ici présents : tout au plus une dizaine, serveur compris. Donc même si ça tournait mal – enfin encore plus mal qu’actuellement – il y aurait toujours moyen d’assurer. Assurer un minimum. Bref, parvenir à rester en vie.
Une lueur de génie traversa le brouillard de ses pensées. Sans réfléchir d’avantage, le chasseur profita que l’autre se remette de ses émotions pour le saisir au genou, et pratiquer une manœuvre simple et efficace, qui n’a en aucun cas pour but la réanimation du patient. Non l’inconvénient d’un genou saisi à la rotule et à la tête du tibia, c’est que sous le coup d’une intense et brève force rotative – appelé couple – il craque. Et plus si affinité. Or affinité il y eut, et l’individu se pencha en criant de douleur, du café plein les narines et le genou en kit. Obnubilé par cette soudaine souffrance, il défit légèrement sa prise sur son arme, donnant l’avantage au jeune général. Des deux mains, il se saisit du canon de l’arme, s’y suspendit de toutes ses forces et de tout son poids. Profitant de la seconde où l’autre résista, lui procurant ainsi un point d’appui, Jian se ramassa, et envoya un genou valide dans le visage de l’homme.

Un genou en ruine, un nez assorti où le sang ressemblait au café.
D’un mouvement, le devil hunter fut debout, l’arme braqué sur le type à terre.
Quelques canons supplémentaires braqués sur lui.
Sans attendre (sans lâcher l’arme) il écarta les mains en signe d’amitié. Ou pas…


    «- On va pas se casser entre nous les gars…
    Soyons diplomate…
    - C’est une sorcière-dragon, Chef. »


Bon et bien ça, c’était fait, il était grillé…
Plan B. Enième plan B. Il releva l’arme et la pointa sur les autres.


    « Dorinne, tu devrais sortir.
    Je tire à vue.
    »


Sous-entendu : sur les autres.
Pas sur Dorinne. Quoique vu les emmerdes qu’elle lui attirait, elle l’aurait pas volé…



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MessageSujet: Re: Toujours les mêmes [pv Dodo]   Sam 20 Aoû - 10:08

Dodo tu devrais sortir... Entièrement, parfaitement, d'accord. Qu'ils se tirent dessus si ça les amuse mais si je reviens avec plus d'une égratignure, Kaizen -ou d'autres bestioles sans humour- risquent de transformer l'univers en champs de bataille, le temps pour que quelques héros se décident à leur botter le derrière... Encore une fois.

-Yes sire !

Sera ma seule réplique pendant que je me faufile comme une voleuse hors du bistrot. Qu'ils sont bizarres tous ces regards qui me matent méchamment... Est-ce que j'ai demandé à être une sorcière-dragon, moi ? Mais bien sûr que non ! Qui voudrait qu'un reptile plus relou qu'un gardien de prison vienne vous faire la morale toutes les trois minutes dans sa propre tête ?!
Certainement pas moi, sauf que j'ai écopé du gros lot ... Et pour ça on veut me tuer. Bande de drosophile à m**** ! Tyran ! Assassin !
Un peu de compassion pour mon enfer personnel ! Mais non, ils veulent juste me mettre six pieds sous terre. Et ils sont pas les seuls.

Où j'en étais déjà ? Sortie précipité, sans classe ni savoir vivre. Autant le premier je pourrais faire un effort, autant le deuxième m'est totalement inconnu.

La porte battante du bistrot fais des vas et viens sordides comme dans les western, et en bonne petite fille je cours me réfugier près du point de ralliement aux multiples aérations peu esthétiques.
Si bien que j'entame presque la conversation avec la jolie berline blanche massacrée par la poisse congénitale de Jian ajoutée à la mienne.
Pour une fois, j'aurais dû écouter Kaizen : Rentre à la maison !

Il se fait poursuivre par des démons. Je me fais avoir par des chasseurs de sorciers... La vie est belle sous le soleil... La routine habituelle, quoi.



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